Kidal: les rebelles ont fui
La ville de Kidal, bastion des ex-séparatistes, a connu un nouveau basculement militaire majeur ce mardi 6 octobre 2026, avec sa reprise par les Forces armées maliennes (FAMa), qui contrôlent désormais la situation, selon plusieurs sources crédibles. Cet événement survient moins de six mois après les combats du 25 avril 2026 qui avaient contraint l’armée […]
La ville de Kidal, bastion des ex-séparatistes, a connu un nouveau basculement militaire majeur ce mardi 6 octobre 2026, avec sa reprise par les Forces armées maliennes (FAMa), qui contrôlent désormais la situation, selon plusieurs sources crédibles. Cet événement survient moins de six mois après les combats du 25 avril 2026 qui avaient contraint l’armée à quitter cette cité stratégique du nord du pays.
Un immense convoi de l’armée malienne et de ses partenaires russes d’Africa Corps est entré dans la ville hier, mardi, sans rencontrer de résistance majeure. La ville, qui était occupée par le FLA et ses alliés terroristes du JNIM, passe sous le contrôle des Forces armées maliennes et de leurs alliés russes.
Cette avancée met fin à plus de 164 jours d’occupation de la coalition FLA/JNIM dans la localité du nord. Fièrement, les Forces armées maliennes occupent cette ville, si stratégique pour les rebelles du FLA, grâce à l’opération Dougoukoloko lancée en 2025, dont l’une des missions est la préservation de l’intégrité du territoire national.
Dans un communiqué laconique en date du 6 octobre, le FLA a annoncé avoir ordonné le retrait de ses combattants de la ville. Ce groupe rebelle, héritier du MNLA, face à la détermination et au courage des combats engagés pour la restauration de l’intégrité territoriale, a simplement décidé de fuir.
Au lieu d’assumer cet état de fait, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud RAMADANE, présente cette décision comme un « repli stratégique et maîtrisé ». Il affirme que le retrait s’est effectué sans affrontement terrestre direct et le décrit comme une mesure temporaire destinée à préserver les capacités humaines et logistiques du mouvement. Oui, sans combat, parce que les éléments du FLA, comme d’habitude, ont choisi l’option du cache-cache. Ils ont pris la tangente.
Le document ne précise ni la nouvelle localisation des combattants ni leurs effectifs. Le FLA attribue sa décision à l’intensification des opérations aériennes menées dans la zone.
À l’analyse, ce départ ressemble davantage à une fuite qu’à un choix tactique. Cette reprise est un revers pour les rebelles-terroristes de Kidal, qui avancent des raisons farfelues pour justifier leur débandade. Cette ville, pourtant, est un symbole de résistance pour eux. S’ils avaient eu d’autres choix, auraient-ils abandonné la localité entre les mains de l’armée ? Non.
Qu’il s’agisse d’un repli mûrement réfléchi ou d’une déroute face à la pression militaire, la reprise de Kidal constitue une victoire importante pour les FAMa et leurs partenaires. Reste désormais à savoir comment évoluera la situation sécuritaire dans cette vaste région du nord et où se sont repositionnés les combattants.
L’armée malienne n’avait pas encore annoncé officiellement son entrée dans Kidal ou la reprise de la ville au moment de la rédaction de cet article. Des médias maliens ont toutefois fait état de la présence de forces gouvernementales.
Le retrait annoncé intervient après plusieurs jours d’opérations aériennes revendiquées par les Forces armées maliennes dans la région.
Le 4 octobre, l’État-Major a déclaré avoir frappé quatre positions à l’intérieur de Kidal ainsi que deux autres au nord-est d’Anéfis.
Le lendemain, il a annoncé la poursuite d’opérations aéroterrestres et de frappes autour de Tinzaouatène, près de la frontière algérienne.
Des positions et des installations logistiques avaient déjà été visées autour de Kidal à la mi-septembre.
Les forces maliennes et leurs partenaires russes avaient quitté Kidal après les attaques coordonnées du 25 avril, menées par le FLA et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda.
La ville, reprise par les FAMa en novembre 2023, était alors repassée sous le contrôle des groupes armés terroristes et séparatistes.
Après ce revers, l’armée a consolidé ses positions plus au sud, notamment à Anéfis, située à une centaine de kilomètres de Kidal. En juillet, elle avait annoncé avoir repris cette localité après l’arrivée de renforts venus de Gao, sous couverture aérienne.
L’annonce du FLA constitue son premier aveu de retrait de la ville depuis avril.
Par Abdoulaye OUATTARA