Croissance revue à la baisse et persistance des pressions inflationnistes
L'économie malgache entre dans une phase plus délicate. Selon les dernières Perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international (FMI), la croissance de Madagascar devrait s'établir à 3,6 % en 2026, confirmant un net ralentissement par rapport aux années précédentes. Cette prévision tranche avec les ambitions affichées par la loi de finances, où le gouvernement tablait sur une progression d'environ 4,8 %, portée par les investissements publics, l'agriculture et les (…) - Economie
L'économie malgache entre dans une phase plus délicate. Selon les dernières Perspectives économiques régionales du Fonds monétaire international (FMI), la croissance de Madagascar devrait s'établir à 3,6 % en 2026, confirmant un net ralentissement par rapport aux années précédentes. Cette prévision tranche avec les ambitions affichées par la loi de finances, où le gouvernement tablait sur une progression d'environ 4,8 %, portée par les investissements publics, l'agriculture et les infrastructures.
La trajectoire récente de l'économie renforce ce constat. Après une croissance proche de 4,2 % en 2023 et 2024, puis un ralentissement à 3,9 % en 2025, la projection du FMI pour 2026 s'inscrit dans une tendance claire à la décélération.
À cette dynamique modérée s'ajoute une contrainte majeure : la hausse des prix. Le FMI prévoit en effet une inflation autour de 8,3 % en 2026, un niveau élevé qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages et renchérit les coûts pour les entreprises. Cette combinaison d'une croissance ralentie et d'une inflation persistante traduit une fragilité macroéconomique accrue.
L'environnement international contribue largement à cette situation. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, entraînent une hausse des prix du pétrole, des engrais et du transport maritime, des facteurs particulièrement pénalisants pour un pays importateur comme Madagascar. Ces chocs extérieurs se répercutent directement sur les coûts de production et alimentent les pressions inflationnistes internes.
À l'échelle régionale, la comparaison reste défavorable. L'Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance d'environ 4,3 % en 2026, après 4,5 % en 2025, soit un rythme supérieur à celui de Madagascar malgré un léger ralentissement. Ce décalage met en évidence les difficultés structurelles propres à l'économie malgache, notamment en matière de productivité, d'accès à l'énergie et de diversification.
Les prévisions de la Banque mondiale confirment cette lecture prudente. L'institution anticipe également une croissance modérée pour Madagascar, autour de 3,5 % à 3,7 % à court terme, avec une reprise progressive conditionnée à la stabilité macroéconomique, à l'amélioration du climat des affaires et à la relance des investissements. Cette convergence des analyses entre grandes institutions internationales renforce la crédibilité du scénario d'une croissance continue.
Dans ces conditions, l'objectif de 4,8 % inscrit dans la loi de finances apparaît aujourd'hui ambitieux. Sa réalisation dépendra de la capacité du pays à surmonter des contraintes persistantes, telles que les déficits énergétiques, la faible productivité agricole et la vulnérabilité aux aléas climatiques. La révision à la baisse du FMI ne constitue donc pas une simple correction technique, mais le reflet d'un environnement économique plus contraint.
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