Les tensions se multiplient, nouvel échange musclé entre Siteny Randrianasoloniaiko et Milavonjy Philobert
L'Assemblée nationale a une nouvelle fois offert le spectacle de ses profondes divisions politiques. Mardi, dans l'hémicycle de Tsimbazaza, un échange particulièrement tendu entre le président de l'institution, Siteny Randrianasoloniaiko, et le chef de l'opposition, Milavonjy Philobert, a rappelé à quel point les relations entre les deux hommes sont désormais dégradées. L'incident s'est produit avant même le début de la séance consacrée aux échanges entre les députés et les membres du (…) - Politique
L'Assemblée nationale a une nouvelle fois offert le spectacle de ses profondes divisions politiques. Mardi, dans l'hémicycle de Tsimbazaza, un échange particulièrement tendu entre le président de l'institution, Siteny Randrianasoloniaiko, et le chef de l'opposition, Milavonjy Philobert, a rappelé à quel point les relations entre les deux hommes sont désormais dégradées.
L'incident s'est produit avant même le début de la séance consacrée aux échanges entre les députés et les membres du gouvernement. Alors que l'ordre des prises de parole avait été établi par tirage au sort afin d'éviter toute contestation, la présence de Milavonjy Philobert parmi les premiers députés sélectionnés a donné lieu à une remarque ironique du président de l'Assemblée nationale.
Sur un ton mêlant sarcasme et provocation, Siteny Randrianasoloniaiko s'est étonné de voir le chef de l'opposition figurer une nouvelle fois parmi les premiers intervenants. Il a ensuite formulé le vœu de le voir demeurer « chef de l'opposition pour toujours », ajoutant dans la même veine que la majorité continuerait également à gouverner « pour toujours ». Une déclaration qui n'est pas passée inaperçue dans l'hémicycle.
Si certains élus ont préféré y voir une simple plaisanterie, d'autres y ont perçu une attaque politique à peine voilée. La réaction de Milavonjy Philobert ne s'est d'ailleurs pas fait attendre. Devant les journalistes, le député élu à Ambovombe Androy a répondu que son avenir politique ne dépendait pas des paroles du président de l'Assemblée nationale. Il a rappelé que seul Dieu pouvait décider de son destin, balayant ainsi les propos de son adversaire politique.
Au-delà de cet échange verbal, cet épisode confirme la détérioration du climat politique au sein de la Chambre basse. Les désaccords entre la majorité et l'opposition ne cessent de s'accentuer depuis plusieurs mois, sur fond de débats institutionnels, de contestations politiques et de rivalités personnelles.
Cette confrontation entre deux personnalités influentes du Sud de Madagascar intervient également dans un contexte où l'image de l'Assemblée nationale est régulièrement mise à mal. Les querelles entre députés se multiplient et donnent parfois le sentiment que les règlements de comptes politiques prennent le pas sur les préoccupations de la population.
Les récentes tensions impliquant d'autres parlementaires illustrent cette tendance. Les échanges musclés entre Fidèle Razara Pierre et Antoine Rajerison autour de la communication relative à la levée de l'immunité parlementaire de ce dernier ont notamment alimenté les critiques sur le fonctionnement de l'institution. Le tout sans parler de la destitution de 5 députés issus de l'ancien régime ou encore la levée d'immunité parlementaire de certains députés et de leur incarcération.
Face à cette situation, plusieurs voix de la société civile dénoncent une perte progressive de crédibilité de l'Assemblée nationale. Le mouvement Gen Z, qui avait joué un rôle important dans les mobilisations populaires de 2025, continue notamment de réclamer la dissolution de l'institution, ainsi que celle de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
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