Niger : Le général Tiani verrouille le pouvoir et écarte les figures gênantes
Moins de deux semaines après une tentative de mutinerie étouffée dans la capitale, le chef de la junte nigérienne, le général Abdourahamane Tiani, a entamé une vaste opération de nettoyage au sommet de l'État. Entre limogeages au sein du haut commandement militaire et un réaménagement gouvernemental stratégique opéré ce mardi 15 septembre, le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) consolide fermement son emprise. L’article Niger : Le général Tiani verrouille le pouvoir et écarte les figures gênantes est apparu en premier sur France-Afrique MÉDIA.
Par Patrick Guitter / rédaction France-AfriqueMÉDIA
La tension reste palpable à Niamey depuis la tentative de déstabilisation survenue fin août à la base aérienne 101. Face à cet affront direct, la réaction du chef de l’État a été tranchante. Par décret signé le vendredi 11 septembre, le général Tiani a procédé à un remaniement drastique de l’état-major.
La décision la plus emblématique demeure l’éviction du général Moussa Salaou Barmou, figure pourtant centrale des premiers jours de la transition. Il est remplacé au poste stratégique de Chef d’État-Major des Armées (CEMA) par le général de brigade Mamane Sani Kiaou. Ce limogeage d’un haut gradé, moins de quinze jours après les événements de la base 101, illustre la volonté du président de s’entourer d’hommes d’une confiance absolue au sein de l’appareil sécuritaire.
Un réajustement politique calculé
Ce verrouillage militaire s’est accompagné d’un recadrage politique immédiat. Ce mardi 15 septembre, le secrétaire général du gouvernement, Mahamane Roufai Laouali, a officialisé un remaniement partiel touchant quatre départements ministériels.
L’équipe conduite par le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine accueille ainsi de nouveaux visages, marquant un ajustement des priorités du régime :
Colonel Bilaly Elhadj Gambobo, nommé ministre de l’Agriculture et de l’Élevage.
Abdourahamane Oumarou, qui prend la tête du ministère de la Refondation et de la Promotion des Valeurs Sociales.
Lieutenant-colonel Seyni Alzouma, nouveau ministre de l’Énergie.
Hamani Kargne, nommé au ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information.
La stratégie de la « Refondation »
En se séparant de personnalités devenues gênantes ou dont la loyauté était questionnée, le général Tiani cherche à étouffer toute velléité de dissidence interne. Cette purge vise également à resserrer les rangs autour du « Programme de la Refondation de la République 2025-2029 », dont le CNSP a d’ailleurs entamé la présentation officielle le jour même de ces nouvelles nominations.
La nomination d’un nouveau ministre de la Refondation et le positionnement d’officiers aux portefeuilles clés (Agriculture et Énergie) démontrent que la junte structure une gouvernance resserrée. Dans un environnement sécuritaire et politique complexe, le chef du CNSP fait passer un message clair : il n’hésitera plus à écarter quiconque pourrait ralentir ou menacer la marche de la transition.
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