Réformes du transport urbain à N'Djamena : nouvelles mesures et enjeux
Le comité multisectoriel de Ndjamena présente de nouvelles mesures pour améliorer le transport urbain, abordant sécurité, organisation et modernisation, tout en tenant compte des réalités sociales et économiques locales.

Par Abdelaziz Oumar
Ce samedi 6 juin 2026, le président du comité multisectoriel de pilotage du transport urbain, M. Gadengar Roasna Rodrigue, a tenu un point de presse à l'ONAMA pour clarifier les nouvelles mesures réglementaires et leurs dispositions au public. Selon lui, depuis plusieurs jours, ces mesures suscitent des réactions diverses au sein de l'opinion publique, notamment des interrogations, des inquiétudes, mais également de nombreux soutiens. "Face à ces préoccupations légitimes, il nous a paru nécessaire d'organiser ce point de presse afin d'apporter des clarifications, d'expliquer l'esprit des réformes engagées et de réaffirmer la volonté des autorités d'agir dans l'intérêt général, dans un esprit de dialogue, d'écoute et d'accompagnement."
Le président du comité multisectoriel a souligné qu'aujourd'hui, Ndjamena fait face à de nombreux défis en matière de mobilité urbaine, notamment l'insuffisance d'organisation du secteur, la multiplication des accidents, l'absence d'identification claire des conducteurs, l'insécurité routière ainsi que les difficultés de circulation et de transport des citoyens. Ndjamena ne peut pas rester en marge de la dynamique de modernisation impulsée par les plus hautes autorités, à leur tête le Président de la République Mahamat Idriss Déby Itno, qui place la modernisation des infrastructures, la sécurité des citoyens et l'amélioration des services publics au cœur de son action.
C'est dans cette vision, dit-il, que le Ministère de la Sécurité Publique et de l'Immigration, et le Ministère des Transports, de l'Aviation Civile et de la Météorologie Nationale, ont pris un arrêté conjoint fixant les conditions d'exploitation des différents modes de transport dans la ville de N'Djaména. Conformément aux dispositions de cet arrêté, un comité multisectoriel de pilotage du transport urbain a été créé par un arrêté municipal et placé sous l'autorité du Maire de la Ville de N'Djaména. Ce comité regroupe les représentants du Ministère des Transports, du Ministère de la Sécurité Publique, la Commune de la Ville N'Djaména, ainsi que les différents syndicats de transport urbain.
Sa mission est d'assurer la coordination, le suivi et l'application progressive de ces nouvelles dispositions réglementaires. À l'issue des travaux préparatoires dudit comité, plusieurs mesures ont été retenues afin d'assurer une meilleure organisation du secteur tout en tenant compte des réalités sociales et économiques des acteurs concernés, a indiqué M. Gadengar Roasna Rodrigue.
Expliquant les modalités de ces mesures, il a déclaré que concernant les mini-bus et taxis, l'exploitation de cette activité est désormais soumise à l'obtention d'un agrément délivré par le Ministère en charge du transport, dont le coût est considérablement réduit pour l'année 2026. Cet agrément vise principalement à mieux organiser le secteur, renforcer la sécurité des usagers, identifier clairement les exploitants et lutter contre l'anarchie dans le transport urbain. Les exploitants devront également se conformer aux exigences administratives et techniques en vigueur concernant les véhicules et les conducteurs. Un système d'identification obligatoire par numéro de portique ainsi qu'une carte professionnelle sont instaurés par la Mairie, afin de permettre une meilleure traçabilité et une meilleure sécurité des usagers.
S'agissant des moto-taxis, Gadengar Roasna Rodrigue a précisé que l'activité est désormais encadrée par un agrément administratif obligatoire, délivré également par le Ministère des Transports. Toutefois, tenant compte des préoccupations exprimées par les conducteurs et des réalités sociales et économiques actuelles, le coût exceptionnel de l'agrément pour l'année 2026 est réduit de moitié. La délivrance de cet agrément nécessitera notamment une pièce d'identité valide ainsi que la carte grise ou la preuve d'immatriculation du véhicule. Ils seront progressivement formés à l'obtention de leur permis de conduire durant cette phase transitoire.
Il est à noter que M. Gadengar Roasna Rodrigue a souligné que désormais le conducteur devra porter un gilet homologué de couleur jaune, permettant son identification rapide et la sécurisation des usagers à un prix promotionnel. Une carte professionnelle sera aussi délivrée à chaque conducteur afin de faciliter son identification dans l'exercice de son activité. En ce qui concerne les mesures de sécurité routière, et au regard du nombre particulièrement élevé d'accidents impliquant les engins à deux roues, les hautes autorités ont retenu une approche progressive dans la mise en œuvre des dispositifs de protection individuelle. Il a par ailleurs lancé que : "Dans cette phase initiale, le port du casque homologué ne fera pas l'objet d'une mesure d'obligation immédiate, et ce, en concertation avec toutes les parties prenantes."