Porte-parole du Gouvernement : « Le Président de la République a réaffirmé son attachement au respect du principe de séparation des pouvoirs dans l’affaire des deux députés »

Le porte-parole du Gouvernement par intérim, M. Melainine Ould Eyih, a affirmé, jeudi soir, que la situation des deux députés empêchés d’accéder à l’Assemblée nationale après leur libération avait été évoquée lors de la réunion du Conseil des ministres. Répondant aux questions des journalistes lors du point de presse hebdomadaire consacré aux résultats du Conseil, […]

Porte-parole du Gouvernement : « Le Président de la République a réaffirmé son attachement au respect du principe de séparation des pouvoirs dans l’affaire des deux députés »

Le porte-parole du Gouvernement par intérim, M. Melainine Ould Eyih, a affirmé, jeudi soir, que la situation des deux députés empêchés d’accéder à l’Assemblée nationale après leur libération avait été évoquée lors de la réunion du Conseil des ministres.

Répondant aux questions des journalistes lors du point de presse hebdomadaire consacré aux résultats du Conseil, le ministre a indiqué que le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, avait réaffirmé son attachement au principe de séparation des pouvoirs, rappelant que chaque institution exerce ses prérogatives en toute indépendance, conformément aux dispositions constitutionnelles et aux lois en vigueur.

Il a précisé que la procédure relative à cette affaire s’est déroulée dans le strict respect du cadre juridique, à travers les différentes étapes du processus judiciaire, sans aucune intervention du pouvoir exécutif. Cette démarche, a-t-il souligné, traduit la volonté constante du Gouvernement de préserver l’indépendance de la justice et de garantir le bon fonctionnement des institutions de l’État.

Abordant la question de la grâce présidentielle accordée aux deux députés concernés, le porte-parole du Gouvernement a salué cette décision, estimant qu’elle illustre l’engagement de Son Excellence en faveur de l’apaisement, du dialogue et de la consolidation de la cohésion nationale.

Selon lui, cette initiative reflète les valeurs de tolérance et d’ouverture qui caractérisent l’approche présidentielle, ainsi que la volonté de créer un climat favorable au règlement des différends et au renforcement de l’unité nationale.

Répondant à une autre question relative au dialogue national, le porte-parole du Gouvernement a indiqué que l’ensemble du processus a été préparé et conduit dans un cadre concerté avec les différentes forces politiques et les parties prenantes concernées.

Il a précisé que toutes les étapes du processus ont été définies dans un esprit de consultation, conformément aux orientations du Président de la République qui a instruit le Gouvernement aux fins de réunir les conditions nécessaires à la réussite de cette initiative.

L’objectif, a-t-il ajouté, est de parvenir à un consensus national autour des principales questions d’intérêt commun et de favoriser un dialogue inclusif répondant aux aspirations des différentes composantes de la société.

Le ministre de la Formation professionnelle, de l’Artisanat et des Métiers, s’exprimait en compagnie du ministre des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel, M. El Vadhil Ould Sidaty, ainsi que du ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidia.

En introduction, le porte-parole du gouvernement avait présenté les principaux projets de loi et communications examinés et adoptés par le Conseil.

Il a notamment évoqué deux projets de loi autorisant la ratification de conventions-cadres conclues le 19 juin 2026 entre la République islamique de Mauritanie et la Banque islamique de développement (BID), destinées au financement du Projet d’électrification rurale dans les zones isolées de Mauritanie ; un projet de loi autorisant la ratification de l’accord de prêt signé le 23 juin 2026 à Vienne entre la Mauritanie et le Fonds de l’OPEP pour le développement international, consacré au financement du Programme de résilience et de filets sociaux productifs ; ainsi qu’un projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026 ; et une communication relative au bilan de l’organisation du pèlerinage pour la saison 1447 H/2026 et aux perspectives de la prochaine campagne 1448 H/2027.

Commentant la communication en question, le ministre des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel a indiqué qu’elle retrace les résultats enregistrés dans cinq domaines principaux : les acquis liés à la transformation numérique dans la gestion du pèlerinage, l’analyse financière de l’opération, l’évaluation de la qualité des services fournis aux pèlerins dans les Lieux saints, l’identification des contraintes rencontrées ainsi que les orientations stratégiques retenues pour la prochaine saison. Ces orientations tiennent compte des nouvelles dispositions annoncées par les autorités saoudiennes en prévision du Hadj 1448 H/2027.

Mettant en avant les réformes engagées, Il a indiqué qu’une plateforme électronique unifiée permet désormais aux pèlerins d’accomplir l’ensemble de leurs démarches en ligne, depuis le paiement jusqu’à l’obtention du visa, grâce à son interconnexion avec le Registre national de la population. Il a également souligné que l’ouverture à la concurrence a permis de réduire le coût du Hajj de 7 626 ouguiyas nouvelles par pèlerin par rapport à la saison précédente, tout en maintenant la Mauritanie parmi les pays de la région offrant les tarifs les plus accessibles.

Le ministre a relevé l’amélioration des conditions d’hébergement, de transport et de restauration des pèlerins, tout en saluant un résultat inédit marqué par l’absence de tout décès parmi les pèlerins mauritaniens, grâce à une prise en charge médicale efficace et à une coordination étroite avec les autorités sanitaires saoudiennes.

Il a enfin annoncé que les préparatifs de la prochaine saison ont déjà été engagés afin d’anticiper les nouvelles dispositions arrêtées par les autorités saoudiennes, tout en confirmant que la campagne 2026 s’est soldée par un excédent financier. Il a également indiqué que des crédits annuels destinés à l’entretien et à la maintenance des mosquées ont été inscrits, pour la première fois, au budget de l’État.

S’agissant des projets de ratification des conventions avec la Banque islamique de développement, le ministre des Affaires économiques et du Développement a souligné qu’ils s’inscrivent dans le cadre d’un programme visant à renforcer l’accès équitable et durable à l’électricité dans les zones rurales isolées du pays.

Le projet bénéficiera à 170 localités réparties dans sept wilayas : Adrar, Assaba, Inchiri, Brakna, Hodh El Chargui, Hodh El Gharbi et Tagant.

Il prévoit notamment la construction de 85 mini-réseaux solaires d’une capacité totale de 8 MWc, le raccordement de 36 localités au réseau du projet RIMDIR Moudon ainsi que l’équipement de 20 localités en systèmes solaires domestiques.

Le ministre a également indiqué que le programme comporte une dimension économique et sociale à travers l’installation de dix plateformes multifonctionnelles destinées à être exploitées par des coopératives féminines, ainsi que la mise en place de 126 pompes à eau.

Il a précisé que ce projet contribuera à l’objectif gouvernemental visant à porter le taux de couverture électrique nationale de 55 % en 2024 à 100 % à l’horizon 2030.

Le coût global du programme est estimé à environ 69,5 millions de dollars américains, financé à travers deux concours de la Banque islamique de développement, d’un montant respectif de 25,35 millions de dollars sous forme de financement commercial et de 33,93 millions de dollars sous forme de financement concessionnel, auxquels s’ajoute une contribution de l’État mauritanien de 10,22 millions de dollars.

Concernant l’accord de prêt conclu avec le Fonds de l’OPEP pour le développement international, le ministre a indiqué que ce financement, d’un montant de 15 millions de dollars américains, permettra de soutenir le Programme de résilience et de filets sociaux productifs.

Ce programme vise à améliorer l’efficacité du système national de protection sociale adaptative au profit des ménages pauvres et vulnérables, notamment les réfugiés et les communautés d’accueil, en renforçant l’impact économique et social des interventions.

Présentant le projet de loi de finances rectificative pour 2026, au nom du ministre des Finances, le ministre des Affaires économiques et du Développement, M. Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh-Sidia, a indiqué que ce texte intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques mondiales.

Il a souligné que, malgré ce contexte, l’économie mauritanienne fait preuve de résilience, avec une croissance du PIB attendue à 5,5 % en 2026, portée notamment par le secteur extractif ainsi que par les performances des secteurs des infrastructures et de la construction.

Le ministre a précisé que le budget rectificatif vise principalement à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, à maintenir le soutien aux produits énergétiques, à stabiliser les tarifs de l’électricité et à renforcer les programmes de protection sociale. Dans ce cadre, le gouvernement a lancé le programme « Aoun », doté de 1,2 milliard MRU, destiné à soutenir les ménages à faibles revenus, ainsi que plusieurs transferts exceptionnels au profit des fonctionnaires, retraités et bénéficiaires du programme « Tekavoul ».

Il a indiqué que les dépenses publiques passeront de 132 à 140 milliards MRU, soit une hausse de 6,2 %, principalement liée au renforcement des subventions énergétiques, des transferts sociaux et des dépenses courantes. Parallèlement, des mesures de rationalisation ont été engagées à travers la réduction de certaines dépenses et la réorientation des investissements vers des projets prioritaires.

Le ministre a également fait état d’une hausse de 8 % des recettes prévisionnelles, permettant de réduire le déficit global qui devrait s’établir à 820 millions MRU contre 3,4 milliards dans la loi de finances initiale.

Selon M. Ould Cheikh-Sidia, ce projet de budget rectificatif traduit la volonté du gouvernement de préserver les équilibres financiers, de soutenir les populations vulnérables et de poursuivre la mise en œuvre des priorités sociales du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.