Diaspora-e-visa : L’appel pour une exonération par le Pr Shanda Tomne
Dans cette sortie adressée au premier ministre, chef du gouvernement, l’universitaire évoque les sommes colossales qui sont déboursées par les camerounais de la diaspora pour l’obtention du visa. Le Médiateur Universel Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI) Président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR) […]
Dans cette sortie adressée au premier ministre, chef du gouvernement, l’universitaire évoque les sommes colossales qui sont déboursées par les camerounais de la diaspora pour l’obtention du visa.
Le Médiateur Universel
Président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI)
Président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR)
Croisade pour le patriotisme et un traitement valorisant de la diaspora
Yaoundé, le 03 novembre 2026
Monsieur le Premier Ministre
Chef du Gouvernement de la République
L’URGENCE DE METTRE FIN
A UNE GRANDE INJUSTICE, UNE HONTE
Nos compatriotes de la diaspora porteurs de la double nationalité
ne doivent pas débourser deux cent mille Francs CFA
Pour revenir sur la terre de leur nombril et de leurs ancêtres
En attendant la révision du code de la nationalité, ne pourrions-nous pas revoir la politique des visas concernant nos compatriotes ?
Monsieur le Premier Ministre,
Parmi les efforts que nous prônons en vue de mieux intégrer la diaspora, il y a une préoccupation d’une urgence extrême qui peut être prise en charge et déboucher sur des solutions, sans même attendre la révision de notre code de la nationalité. Il s’agit de la politique des visas, et particulièrement les sommes que nos compatriotes sont obligés de débourser pour obtenir un visa d’entrer au Cameroun, leur pays, le pays de leur nombril, le pays de leurs parents, grands-parents et ancêtres.
En effet il n’y a rien de plus frustrant, embêtant et contrariant, que d’entendre les mésaventures de nos compatriotes, nos enfants, nos fils et filles, nos produits naturels tout court. Nombre d’entre eux, sont chaque jour confrontés à l’humiliation d’avoir à subir un traitement d’étranger, d’intrus et de mercenaire dès qu’ils envisagent de prendre un vol pour le pays.
« Cher papa, c’est comme si cette histoire de e-visa n’était fait que pour nous, pour les enfants du pays, pour ceux qui pour une raison ou pour une autre, sont détenteurs d’une autre nationalité. On nous traite vraiment comme des gens qui n’ont aucune attache avec le sol, le sang et les valeurs de notre pays. Dans l’avion, étant donné que les touristes boudent notre pays, il n’y a véritablement plus que nous, les enfants du Mboa. C’est-à-dire que les visas là, c’est franchement pour nous seulement ou surtout pour nous ».
Ce cri du cœur devrait nous interpeller et conduire le gouvernement à une véritable réflexion sur la question. Il est urgent de revoir, de reconsidérer ou de réaménager. Un compatriote par le sang et par la terre, ne saurait subir le même traitement aux frontières de son pays, à la porte de sa maison, dans le champ des valeurs anthropologiques de ses géniteurs, que n’importe quel aventurier ou investisseur en quête de gains.
Je suis conscient que le gouvernement engrange plusieurs milliards avec les visas, mais au prix de quoi donc ? Au prix de l’approfondissement de la fracture avec ses filles et fils porteurs de la double nationalité ?
Au prix du déni de notre sang et de notre terre ? Il faut faire quelque chose, trouver une solution, créer une sorte de discrimination positive en guise de consécration, de valorisation et de reconnaissance du lien originel. C’est possible de revoir le contrat avec le partenaire technique, c’est logique et raisonnable, c’est souhaitable.
Nous parlons d’une diaspora qui risque bientôt d’avoisiner la moitié de la population de la patrie mère, qui croît à un rythme soutenu, accéléré, poussé et montant. Qui a intérêt à entretenir la fracture ? Dans l’attente, je vous prie de me permettre, Monsieur le Premier Ministre, de saisir cette occasion pour vous renouveler l’assurance de ma très haute et fraternelle considération./.