Douala : Gaz lacrymogènes et fronde à Mbanya autour de la succession Akwa
Un climat de vive tension règne à Mbanya, dans le 5e arrondissement de Douala. Des heurts entre forces de l’ordre et riverains opposés à l’intronisation de Sa Majesté Dr Louis Din Dika Akwa, prévue le 10 octobre 2026, ont éclaté ce 30 septembre. Une fronde coutumière conteste ce sacre au profit d’un autre prétendant. Le […]
Un climat de vive tension règne à Mbanya, dans le 5e arrondissement de Douala. Des heurts entre forces de l’ordre et riverains opposés à l’intronisation de Sa Majesté Dr Louis Din Dika Akwa, prévue le 10 octobre 2026, ont éclaté ce 30 septembre. Une fronde coutumière conteste ce sacre au profit d’un autre prétendant.
Le réveil a été brutal ce mercredi 30 septembre 2026 à Mbanya. Dans ce village situé dans le 5e arrondissement de Douala, les forces de police ont dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser des habitants vent debout contre l’accès au site sacré local. En cause : la fronde grandissante qui entoure l’intronisation officielle de Sa Majesté Dr Louis Din Dika Akwa comme chef supérieur du canton Akwa, programmée pour le 10 octobre prochain.
Au cœur de cette levée de boucliers se trouvent des divergences profondes sur le plan coutumier et foncier. Les notables contestataires affirment que Mbanya constitue une entité coutumière distincte, s’appuyant sur un arrêté administratif datant de 2020 et sur la reconnaissance coutumière accordée par le passé à feu Louis Charles Din Dika Akwa III. Pour ces voix dissidentes, organiser une étape du sacre de Dr Louis Din Dika Akwa sur cette terre est perçu comme une incursion inacceptable.
La contestation pèse lourd dans les équilibres traditionnels de la localité. Selon les informations concordantes émanant du camp opposé, 10 des 11 chefs de familles de Boneleke ont fait allégeance à Mbanya et affichent leur soutien au Prince Jean Pascal Ngando Ebongue Akwa comme chef supérieur légitime. Une dynamique similaire est rapportée au sein de la famille régnante Bonadika — où 5 foyers sur 7 soutiennent cette alternative — ainsi qu’auprès de 9 notables sur 11 du village royal, illustrant la profondeur du fossé qui fracture la communauté.
Alors que le compte à rebours est lancé vers la date fatidique du 10 octobre, cet épisode de tensions sur la voie publique rappelle l’urgence d’une médiation administrative rigoureuse. Au-delà de la bataille des insignes et des légitimités coutumières, c’est la cohésion sociale du canton Akwa qui se joue dans les rues de la capitale économique, mettant à l’épreuve la capacité des autorités à concilier préservation de l’ordre public et respect des susceptibilités traditionnelles.