Ivandry : le cortège présidentiel suivi par des drones, les gardes du corps ouvrent le feu

Gros coups de panique en début de soirée à Ivandry. Des coups de feu ont retenti au passage du cortège du Président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, alors qu'il regagnait son domicile. Les détonations ont immédiatement semé l'inquiétude parmi les riverains, d'autant que les attaques à main armée sont devenues récurrentes dans plusieurs quartiers de la capitale, y compris dans son centre-ville. Beaucoup ont d'abord cru à une nouvelle fusillade avant que la Présidence (…) - Société

Ivandry : le cortège présidentiel suivi par des drones, les gardes du corps ouvrent le feu

Gros coups de panique en début de soirée à Ivandry. Des coups de feu ont retenti au passage du cortège du Président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, alors qu'il regagnait son domicile. Les détonations ont immédiatement semé l'inquiétude parmi les riverains, d'autant que les attaques à main armée sont devenues récurrentes dans plusieurs quartiers de la capitale, y compris dans son centre-ville. Beaucoup ont d'abord cru à une nouvelle fusillade avant que la Présidence n'apporte sa version des faits.

Dans un communiqué, la Direction de la communication de la Présidence indique qu'un drone avait déjà été repéré la veille en train de suivre le véhicule transportant le chef de l'État, avant de s'éloigner rapidement. Ce samedi soir, deux autres drones auraient de nouveau été observés au-dessus du secteur de La City-Ivandry alors que le convoi présidentiel circulait dans la zone.

Selon la communication officielle, les gardes du corps du Président ont immédiatement ouvert le feu en direction de ces appareils. Les drones évoluaient toutefois à une altitude très élevée, ce qui leur aurait permis d'échapper aux tirs. Le convoi poursuit sa route, tandis qu'un troisième drone aurait encore été aperçu à grande distance. Le colonel Michaël Randrianirina est finalement arrivé sain et sauf à son domicile, où le dispositif de sécurité a été renforcé. Les services compétents ont été chargés d'identifier l'origine de ces drones et de déterminer les circonstances exactes de leur présence.

Cette nouvelle alerte intervient au lendemain de la découverte de camions effectuant des travaux de remblaiement sur un terrain situé sur le By-Pass. Ces travaux ont par la suite été suspendus. Sans qu'aucun lien officiel n'ait été établi entre les deux événements, certains observateurs s'interrogent sur une possible réaction de représailles contre le chef de l'État après cette décision. Cette interprétation relève toutefois de l'analyse et ne figure à aucun moment dans le communiqué publié par la Présidence.

Ce n'est pas la première fois que les autorités évoquent la présence de drones autour du chef de l'État. En avril dernier, le directeur de la communication de la Présidence, Harry Laurent Rahajason, avait annoncé que cinq drones avaient survolé la résidence du colonel Michaël Randrianirina. Il avait alors évoqué une possible tentative d'attenter à la vie du Président, sans que les auteurs présumés de ces survols ne soient identifiés publiquement ni que des éléments matériels soient rendus publics.

Depuis l'accession du chef de la transition au pouvoir, après la chute d'Andry Rajoelina en octobre 2025, ses entourages ont annoncé à plusieurs reprises, évoqué des tentatives d'assassinat à l'encontre du président. Des personnalités politiques du pays, notamment les partisans de l'ancien régime ont déjà été placés en détention pour ces affaires. Mais jusqu'à présent, aucune de ces affaires n'a cependant débouché sur la présentation publique de preuves permettant d'en confirmer la réalité. Cette absence d'éléments vérifiables nourrit naturellement les interrogations d'une partie de l'opinion. Si de telles tentatives ont effectivement existé, leurs auteurs présumés ne sont jamais passés à l'acte.

Cette succession d'annonces semblerait en effet entériner les déclarations de l'ancien président Marc Ravalomanana le 26 juin dernier. Le fondateur du Tiako i Madagasikara (TIM), l'un des plus grands partis politiques du pays, estimait que les accusations de déstabilisation brandies à plusieurs reprises par les autorités n'étaient, selon lui, qu'une « pure invention ». Mais visiblement, cela ne permet pas de tirer une conclusion définitive. Quoi qu'il en soit, cette nouvelle affaire de drones ne manquera pas de raviver le débat entre les partisans de la thèse d'une menace réelle contre le chef de l'État et ceux qui estiment que les preuves publiques demeurent, jusqu'à présent, insuffisantes pour lever tous les doutes.

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