Le journaliste Pape Sadio Thiam, Conseiller du Président Diomaye, répond à la DirPub de Sud Quotidien : ‘Militantismes : des snobs ‘senghor…igides’ à la plèbe démocratisée pastéfienne?’

Tract – Nous vous avons proposé la lecture du papier intense, incandescent et pourtant serein comme de la glace en feu de la DirPub de Sud Quotidien, Henriette Niang Kandé, sur les appellations des conglomérats militantistes politiques sénégalais depuis l’Indépendance, classement dans lequel elle n’a pas fait la part belle aux militants des partis contemporains […] L’article Le journaliste Pape Sadio Thiam, Conseiller du Président Diomaye, répond à la DirPub de Sud Quotidien : ‘Militantismes : des snobs ‘senghor…igides’ à la plèbe démocratisée pastéfienne?’ est apparu en premier sur Tract Hebdo.

Le journaliste Pape Sadio Thiam, Conseiller du Président Diomaye, répond à la DirPub de Sud Quotidien : ‘Militantismes : des snobs ‘senghor…igides’ à la plèbe démocratisée pastéfienne?’

Tract – Nous vous avons proposé la lecture du papier intense, incandescent et pourtant serein comme de la glace en feu de la DirPub de Sud Quotidien, Henriette Niang Kandé, sur les appellations des conglomérats militantistes politiques sénégalais depuis l’Indépendance, classement dans lequel elle n’a pas fait la part belle aux militants des partis contemporains y compris celui actuellement au pouvoir, le Pastef, avec une descente au enfers vécues au fur et a mesure des régimes successifs Senghor, Diouf, Wade, Macky et enfin Diomaye (voir article par ailleurs, sur Tract.sn).

Qui s’y frotte s’y pique, à la gente dame Henriette, et à son fleuret moucheté  !

Et surtout,  ‘qui se sent moucheux se morve’… En tout cas, le journaliste Pape Sadio Thiam, récemment nommé Conseiller du PR Diomaye, ne s’est pas fait prier pour riposter de sa plume la plus féroce, montant derechef aux rideaux pour (tenter de) démonter le papier de la patronne de Sud Quotidien. Voici le papier de P.S.Thiam, paru aussi hier mardi 19 mai 2026 :

Réponse à Henriette Kande Niang :

La nostalgie senghorienne ou l’illusion d’un âge d’or politique (Par Pape Sadio Thiam)

Le texte « Du club de réflexion au bouclier humain » de Henriette Niang Kandé impressionne par la finesse de son écriture et l’originalité de son approche. En retraçant l’histoire politique sénégalaise à travers l’évolution du vocabulaire militant, l’auteure propose une lecture stimulante des imaginaires du pouvoir. Mais derrière cette brillante construction littéraire apparaît une tendance plus discutable : l’idéalisation implicite de la période de Léopold Sédar Senghor, opposée à un présent politique présenté comme dégradé. Cette opposition mérite d’être interrogée.
Une République intellectuelle reconstruite
Dans le texte, l’ère senghorienne est décrite comme celle d’une « République des professeurs », dominée par les clubs de réflexion, les débats philosophiques et la centralité des idées. Le militant y apparaît comme un intellectuel engagé, animé par la réflexion et la distance critique. La politique semble alors guidée par la pensée plutôt que par la confrontation.
Cette représentation, séduisante sur le plan littéraire, relève toutefois d’une reconstruction partielle du passé. Le Sénégal des premières décennies post-indépendance n’était pas uniquement un espace de débats intellectuels raffinés. Il s’agissait aussi d’un système politique fortement structuré autour d’un pouvoir dominant, où les marges d’expression de l’opposition demeuraient limitées.
L’élégance du langage politique ne saurait être confondue avec une perfection démocratique. 
L’illusion d’un militantisme plus noble hier. =Le texte instaure une opposition implicite entre deux figures du militant : hier, le penseur ; aujourd’hui, le combattant ou le bouclier. Cette lecture repose sur une confusion entre le niveau social des acteurs politiques et la qualité du débat démocratique.
Sous Senghor, le champ politique était largement occupé par des élites administratives et universitaires. Le militantisme apparaissait plus intellectuel parce qu’il était socialement restreint. La parole politique appartenait principalement à une minorité formée dans les institutions académiques.
À l’inverse, la période contemporaine se caractérise par une ouverture massive de la participation politique. Le militant d’aujourd’hui peut être étudiant, commerçant, chauffeur, activiste numérique ou membre d’un collectif citoyen. Ce déplacement social transforme nécessairement le langage politique, qui devient plus direct, plus passionné et parfois plus conflictuel. Ce que le texte interprète comme une dégradation peut aussi être compris comme une démocratisation de la parole politique.
Une comparaison déséquilibrée des époques
La narration accorde au passé une tonalité poétique et indulgente, tandis que les périodes récentes sont associées à la militarisation lexicale et à la tension permanente. Les « clubs de réflexion » évoquent la noblesse intellectuelle, alors que les « commandos » ou les « boucliers » symbolisent une politique sous pression.
Or chaque époque produit son vocabulaire en fonction de ses défis historiques. Les années Senghor correspondaient à la construction de l’État et à la recherche doctrinale. Les périodes suivantes ont vu l’intensification de la compétition électorale, la montée des attentes sociales et l’élargissement de la participation citoyenne. Comparer ces moments sans tenir compte de leurs contextes revient à esthétiser le passé tout en dramatisant le présent.
Le piège de la nostalgie politique
La nostalgie politique consiste souvent à transformer une époque élitaire en âge d’or démocratique. Hier, peu d’acteurs prenaient la parole, mais ils s’exprimaient avec une grande sophistication intellectuelle. Aujourd’hui, la parole politique est plus diffuse, plus bruyante et parfois moins académique, mais elle est aussi plus inclusive.
La démocratie contemporaine n’est pas moins politique ; elle est simplement plus sociale, plus conflictuelle et plus participative. Le militant contemporain n’est donc pas le signe d’un déclin civique. Il incarne plutôt une société plus politisée, consciente de ses droits et désireuse d’influencer directement le pouvoir.
Pour une lecture non nostalgique de la démocratie sénégalaise
Le mérite du texte de Henriette Niang Kandé est d’ouvrir une réflexion féconde sur le rôle du langage dans la vie politique sénégalaise. Toutefois, en magnifiant la période senghorienne, il risque de confondre raffinement symbolique et supériorité historique.
La démocratie sénégalaise n’a pas quitté un âge d’or ; elle a changé de nature. Elle est passée d’une démocratie de notables à une démocratie de participation élargie. Si le présent paraît moins élégant, c’est peut-être parce qu’il appartient désormais à un plus grand nombre. Et la vitalité démocratique se mesure moins à la beauté des mots qu’à la diversité de ceux qui ont désormais le droit de les prononcer.
Pape Sadio Thiam, Conseiller du Président de la République Bassirou Diomaye Faye
(avec aimable autorisation pour Tract Hebdo – Tract.sn)

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