Naivo Raholdina et Jean Nirina Rafanomezantsoa écroués dans une vaste affaire foncière
La couperet est tombé pour Naivo Raholdina dont l'immunité parlementaire a été levée en début de semaine. Le député du Ve arrondissement d'Antananarivo a été placé en détention provisoire dans le cadre d'une vaste enquête portant sur des affaires présumées de trafic foncier, d'abus de pouvoir et de violences liées à des litiges immobiliers. À ses côtés, l'ancien chef fokontany d'Anosizato, Jean Nirina Rafanomezantsoa, a également été écroué pour plusieurs infractions liées à l'occupation (…) - Société
La couperet est tombé pour Naivo Raholdina dont l'immunité parlementaire a été levée en début de semaine. Le député du Ve arrondissement d'Antananarivo a été placé en détention provisoire dans le cadre d'une vaste enquête portant sur des affaires présumées de trafic foncier, d'abus de pouvoir et de violences liées à des litiges immobiliers. À ses côtés, l'ancien chef fokontany d'Anosizato, Jean Nirina Rafanomezantsoa, a également été écroué pour plusieurs infractions liées à l'occupation illégale de terrains et à des opérations foncières suspectes.
Selon les explications fournies par le substitut du procureur près le tribunal de première instance d'Antananarivo, Hanitriniaina Rakotomalala, plusieurs charges ont été retenues contre le parlementaire. Les enquêteurs l'accusent notamment d'avoir utilisé sa fonction d'élu dans des dossiers fonciers à Tsarahonenana et à Anosizato afin d'obtenir des avantages personnels. Il aurait agi sous couvert de projets présidentiels ainsi que d'un projet de construction de terrain synthétique destiné, selon ses déclarations, au développement de la jeunesse locale.
Mais les accusations ne s'arrêtent pas là. Naivo Raholdina, ancien président de la commission Aménagement du Territoire et Gestion foncière auprès de l'Assemblée nationale, est également poursuivi pour destruction de biens privés après des travaux qui auraient rendu plusieurs terrains inutilisables. Des clôtures appartenant à des particuliers auraient été démolies au cours des opérations. L'enquête évoque aussi des actes de violences perpétrés par des individus qualifiés de “gros bras”. Une personne aurait été blessée lors d'un incident à Tsarahonenana, entraînant une incapacité temporaire de travail de douze jours. Des dégradations touchant des infrastructures publiques, notamment des jardins et des voies publiques, figurent également dans le dossier.
Naivo Raholdina a été interpellé au début du mois de mai 2026, peu après son retour au pays. Après son audition devant les autorités judiciaires et la levée officielle de son immunité parlementaire, il a été placé sous mandat de dépôt avant d'être transféré à la prison d'Imerintsiatosika.
De son côté, Jean Nirina Rafanomezantsoa est poursuivi pour occupation illégale d'un terrain situé à Anosibe Angarangarana malgré une décision judiciaire ordonnant son expulsion. L'ancien chef fokontany est aussi soupçonné d'avoir participé à la vente présumée d'un terrain appartenant à l'État à Anosizato. Initialement destiné à accueillir un terrain de sport, le site aurait finalement été transformé en espace commercial. Il est également accusé de faux témoignage dans une affaire impliquant directement le député Naivo Raholdina. Il a été placé sous mandat de dépôt à la maison centrale d'Antanimora.
Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Depuis la chute d'Andry Rajoelina, plusieurs personnalités considérées comme proches de l'ancien pouvoir font l'objet d'enquêtes judiciaires ou d'interpellations. L'incarcération de Naivo Raholdina constitue ainsi l'un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles de cette nouvelle période politique à Madagascar.
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