Problèmes d'approvisionnement en eau : les beaux discours du gouvernement contrastent avec la réalité vécue par la population

Alors que les coupures d'eau continuent de compliquer le quotidien des habitants d'Antananarivo, les autorités multiplient les annonces et les déplacements officiels pour tenter de rassurer la population. À Mandroseza, lors de la célébration du cinquantième anniversaire de la Jirama, le gouvernement a procédé vendredi à l'inauguration d'une nouvelle station de traitement d'eau destinée à renforcer l'approvisionnement de la capitale. Une initiative présentée comme une étape importante dans la (…) - Société

Problèmes d'approvisionnement en eau : les beaux discours du gouvernement contrastent avec la réalité vécue par la population

Alors que les coupures d'eau continuent de compliquer le quotidien des habitants d'Antananarivo, les autorités multiplient les annonces et les déplacements officiels pour tenter de rassurer la population. À Mandroseza, lors de la célébration du cinquantième anniversaire de la Jirama, le gouvernement a procédé vendredi à l'inauguration d'une nouvelle station de traitement d'eau destinée à renforcer l'approvisionnement de la capitale. Une initiative présentée comme une étape importante dans la lutte contre la pénurie qui frappe plusieurs quartiers depuis des mois.

Cette nouvelle infrastructure doit permettre d'augmenter la production de 22 000 m³ d'eau par jour, dont 20 000 m³ seront directement injectés dans le réseau de distribution d'Antananarivo. Le projet prévoit également la réhabilitation de 64 kilomètres de conduites afin de limiter les pertes liées aux nombreuses fuites qui affectent le réseau actuel. Les travaux devraient se poursuivre jusqu'en juin 2026 dans le cadre du Projet d'amélioration de l'accès à l'eau potable de Madagascar (PAAEP), financé avec l'appui de la Banque mondiale et d'autres partenaires techniques et financiers.

A la veille de cette inauguration officielle, la ministre de l'Eau, de l'Assainissement et de l'Hygiène, le Dr Elia Minosoa Anjaratiana Razafindriania­na, avait déjà haussé le ton à l'encontre de la Jirama. Face aux plaintes répétées des usagers, elle a demandé à la compagnie nationale de respecter rigoureusement le calendrier des tours d'eau imposés dans la capitale.

« Les gens font des réserves pour deux jours, alors que l'eau ne revient parfois qu'après sept jours de coupure », a-t-elle dénoncé devant la presse.

La ministre a reconnu que la situation reste extrêmement préoccupante. Selon ses chiffres, le déficit de production atteint actuellement 144 000 m³ par jour à Antananarivo. Une insuffisance qui oblige encore la Jirama à maintenir les rotations de distribution dans plusieurs quartiers. Malgré l'arrivée prochaine des capacités supplémentaires de Mandroseza I et II, les coupures devraient donc se poursuivre dans les prochains mois.

La présence du président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina, à cette cérémonie n'est pas anodine. Depuis la prise du pouvoir par les autorités de transition en octobre dernier, l'amélioration de l'approvisionnement en eau figure parmi les priorités régulièrement mises en avant par le régime. Lors de la formation du premier gouvernement de la Transition, les dirigeants avaient déjà promis des solutions rapides face aux difficultés d'accès à l'eau et à l'électricité qui touchent la population.

À Mandroseza, le chef de l'État a une nouvelle fois réaffirmé que la réhabilitation de la Jirama et l'amélioration de ses services constituent une priorité nationale. Il a également appelé la population à protéger les infrastructures publiques destinées à renforcer l'approvisionnement.

Mais malgré les discours officiels et les projets annoncés, la réalité reste difficile pour de nombreux habitants de la capitale. Dans plusieurs quartiers, les robinets restent à sec pendant plusieurs jours. Certaines familles parcourent encore de longues distances pour trouver de l'eau, tandis que d'autres doivent acheter des bidons à des prix élevés. Entre les engagements répétés des autorités et les difficultés vécues quotidiennement par les ménages, beaucoup constatent encore un important décalage.

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