Sommet extraordinaire de la SADC : la pression s'accentue sur la transition malgache

Le sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), réuni le 29 juin à Pretoria, en Afrique du Sud, adresse un message particulièrement ferme aux autorités de transition malgaches. Dans sa déclaration finale, l'organisation appelle à la libération des prisonniers politiques, à la cessation des arrestations arbitraires visant les dirigeants de l'opposition ainsi que les membres de la Génération Z, tout en demandant le retour des exilés politiques. (…) - Politique

Sommet extraordinaire de la SADC : la pression s'accentue sur la transition malgache

Le sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), réuni le 29 juin à Pretoria, en Afrique du Sud, adresse un message particulièrement ferme aux autorités de transition malgaches. Dans sa déclaration finale, l'organisation appelle à la libération des prisonniers politiques, à la cessation des arrestations arbitraires visant les dirigeants de l'opposition ainsi que les membres de la Génération Z, tout en demandant le retour des exilés politiques.

Au-delà des principes généraux, la SADC insiste sur la nécessité de respecter le calendrier de la transition, de mener des réformes transparentes, d'engager une véritable concertation nationale et de favoriser la réconciliation entre toutes les composantes politiques du pays.

Elle invite également les autorités à organiser un dialogue inclusif réunissant le gouvernement, le Conseil des Églises chrétiennes et l'ensemble des parties prenantes afin de parvenir à un consensus national durant la période de transition.

L'organisation régionale demande également aux dirigeants de Refondation présidée par le colonel Michaël Randrianirina de respecter les engagements pris en matière de réformes politiques, conformément à un calendrier clair, transparent et largement diffusé dans les langues nationales afin de garantir une large participation populaire et une meilleure acceptation des résultats.

Autre décision majeure, la SADC a décidé d'élargir le mandat de son Comité des sages afin qu'il accompagne désormais la réconciliation nationale, les réformes électorales ainsi que les préparatifs du référendum et des futures élections législatives. Le sommet a également approuvé l'ouverture d'un bureau de liaison permanent de la SADC à Antananarivo, chargé de coordonner et d'assurer le suivi des actions entreprises dans le cadre de son accompagnement de Madagascar.

À la lecture de cette déclaration, le sommet traduit les préoccupations de la communauté régionale face à la situation politique malgache. Sans remettre explicitement en cause les autorités de transition, la décision met l'accent sur des sujets sensibles tels que les libertés publiques, l'État de droit, le respect de l'ordre constitutionnel, la gouvernance démocratique et les arrestations de responsables politiques. Ces recommandations reflètent le constat selon lequel la crise politique demeure profonde et que les garanties d'un fonctionnement pleinement démocratique restent insuffisantes.

L'appel à mettre fin aux arrestations arbitraires visant des responsables de l'opposition et des membres de la Génération Z peut également être interprété comme une reconnaissance des inquiétudes exprimées depuis plusieurs mois par diverses organisations nationales et internationales concernant l'utilisation de procédures judiciaires à des fins politiques. Les proches de l'ancien régime, aujourd'hui engagés dans l'opposition, dénoncent régulièrement ce qu'ils qualifient de poursuites motivées par des considérations politiques, tandis que les autorités rejettent ces accusations et affirment agir dans le strict respect de la loi.

La déclaration de Pretoria suscite déjà de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Plusieurs soutiens du régime de transition critiquent ouvertement les dirigeants des autres États membres de la SADC, notamment le président sud-africain, leur reprochant de s'immiscer dans les affaires intérieures de Madagascar et les invitant à régler en priorité les difficultés auxquelles leurs propres pays sont confrontés.

Force est toutefois de constater que Madagascar a besoin de préserver sa crédibilité auprès de ses partenaires régionaux et internationaux. La reconnaissance de la transition par les organisations régionales, en premier lieu la SADC puis l'Union africaine, constitue en effet un enjeu majeur pour la stabilité politique du pays, son retour à un ordre constitutionnel pleinement reconnu et la consolidation de ses relations diplomatiques avec la communauté internationale.

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