Gouvernance : « On ne nomme pas un professeur d’histoire DRH », recadre la Pr Viviane Ondoua

Invitée de l’émission Club d’Élites sur Vision 4, la professeure Viviane Ondoua Biwolé a fustigé le décalage entre les profils académiques et les postes de responsabilité au Cameroun. L’experte en management appelle à en finir avec les nominations de complaisance qui minent l’efficacité des institutions publiques et privées. La compétence au service de la performance. […]

Gouvernance : « On ne nomme pas un professeur d’histoire DRH », recadre la Pr Viviane Ondoua

Invitée de l’émission Club d’Élites sur Vision 4, la professeure Viviane Ondoua Biwolé a fustigé le décalage entre les profils académiques et les postes de responsabilité au Cameroun. L’experte en management appelle à en finir avec les nominations de complaisance qui minent l’efficacité des institutions publiques et privées.

La compétence au service de la performance. C’est le leitmotiv qu’a martelé l’universitaire Viviane Ondoua Biwolé sur le plateau de Club d’Élites. Sans langue de bois, l’experte en management a pointé du doigt les tares d’une gouvernance où la technicité est trop souvent éclipsée par l’improvisation.

Le management, une science bafouée

« Le management est une science. On ne peut pas nommer comme responsable quelqu’un qui a, par exemple, un profil de professeur d’histoire-géographie et le nommer directeur des ressources humaines », a asséné la fondatrice du cabinet Obiv Solutions.

Pour l’universitaire, cette aberration n’est pas un cas isolé, mais une triste récurrence. Confier des cellules informatiques à des non-informaticiens ou piloter des projets complexes sans formation en gestion revient à sacrifier l’efficacité sur l’autel du copinage.

L’urgence d’un arrimage structurel

Au-delà des cas individuels, l’intervenante a élargi son diagnostic aux crises économiques du pays. Selon elle, ces difficultés ont des racines profondément politiques. Inutile de dépenser de l’énergie pour former des talents si ces derniers sont marginalisés au profit de profils inadaptés. Tant qu’un pont rigoureux ne sera pas jeté entre les ambitions de développement et la réalité des nominations, les mêmes impasses persisteront.

À l’heure où le Cameroun ambitionne de moderniser son administration, la sortie de la Pr Ondoua résonne comme un signal d’alarme. Car au bout du compte, la bonne gouvernance ne se décrète pas dans les textes : elle s’incarne d’abord par la valorisation du mérite et de l’expertise aux postes clés.