L’ancien préfet Jean Marie Tchakui officialise son adhésion au MRC
Ancien haut commis de l’État, Jean Marie Tchakui a officialisé son adhésion au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). L’ex-préfet du Kupé-Manengouba, désormais libéré du devoir de réserve depuis sa retraite, assume pleinement ce choix fort qui bouscule les codes traditionnels de l’administration. C’est un pavé dans la mare du paysage politique national. Alors […]
Ancien haut commis de l’État, Jean Marie Tchakui a officialisé son adhésion au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). L’ex-préfet du Kupé-Manengouba, désormais libéré du devoir de réserve depuis sa retraite, assume pleinement ce choix fort qui bouscule les codes traditionnels de l’administration.
C’est un pavé dans la mare du paysage politique national. Alors que les départs à la retraite des hauts fonctionnaires riment le plus souvent avec un ralliement feutré ou affiché au parti au pouvoir, Jean Marie Tchakui a pris le contre-pied de cette coutume. L’ancien préfet a profité d’un meeting tenu dans son village natal de Batchieu pour lever publiquement le voile sur son engagement politique au sein de la formation de Maurice Kamto.
Un parcours républicain au service de l’opposition
Figure bien connue des métropoles économiques, Jean Marie Tchakui a marqué les esprits lors de son passage dans la capitale économique. Ancien sous-préfet de Douala 5ème (2013-2017) puis de Douala 1er (2017-2019), il s’était illustré par des opérations d’envergure sur les emprises publiques avant d’être promu préfet du Kupé-Manengouba par décret présidentiel en octobre 2019.
Aujourd’hui loin de l’appareil étatique, l’homme revendique une liberté de ton retrouvée. Ayant fait valoir ses droits à la retraite, il soutient être affranchi du devoir de réserve. « Je suis venu au MRC pour donner le meilleur de moi-même », a-t-il déclaré, insistant sur son intégrité passée, notamment lorsqu’il veillait à ce que « les résultats sortis des urnes soient respectés » à Douala.
Un signal fort dans le landerneau politique
Dans un milieu où le passage de témoin entre l’administration et l’opposition est rare à ce niveau de responsabilité, l’acte ne passe pas inaperçu. Comme le relève le journaliste Nana Paul Sabin, ce choix inverse la tendance habituelle des élites administratives. Face aux interrogations sur les motivations de son ralliement, l’ancien administrateur civil balaie les accusations de compromission d’un revers de main, rétorquant : « Les gens pensent qu’être opposé veut dire qu’on est compromis. Vous croyez que si j’avais été avec eux, à mon âge, on m’aurait éjecté du système ? »
Au-delà de la trajectoire singulière de cet ancien commis de l’État, cette adhésion met en lumière la porosité et les recompositions en cours au sein de l’échiquier politique camerounais. Reste à observer la résonance de ce positionnement stratégique à l’approche des grands rendez-vous de l’opposition.