N’Djamena : une altercation de voisinage dégénère en morsure à l'oreille
Le Tribunal de Grande Instance de N'Djamena a examiné une affaire de coups et blessures impliquant une femme poursuivie pour avoir mordu l'oreille de sa voisine lors d'une violente rixe.

Par Temandang Gontran
Une affaire de coups et blessures volontaires a été examinée ce 14 septembre 2026 par le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena, mettant en cause une femme poursuivie pour avoir mordu l’oreille de sa voisine au cours d'une vive altercation.
Les faits trouvent leur origine dans des différends de voisinage répétés. Selon les explications de la défense, la partie civile avait l’habitude de jeter systématiquement hors de la concession les chaussures de la prévenue lorsque celles-ci se trouvaient sur son passage lors du balayage de la cour. Malgré plusieurs rappels à l'ordre formulés par la prévenue qualifiant ce comportement de provocation délibérée, l'attitude incriminée se serait poursuivie, déclenchant ainsi une bagarre générale entre les deux femmes.
Les arguments des parties à l'audience
Les conseils de la prévenue ont plaidé l’excuse de la légitime défense. Selon eux, leur cliente, se trouvant en position de faiblesse physique face à son agresseur et ayant elle-même encaissé de nombreux coups, n'a eu d'autre alternative que d'user de ses dents pour repousser l'attaque. Ils ont également invoqué l'état de vulnérabilité de la prévenue, actuellement enceinte et dont l'état de santé s'est dégradé, tout en appelant à l’esprit d’humanisme de la juridiction de céans.
La partie civile, représentée par ses conseils, la victime a mis en avant l'importance du préjudice subi. Elle sollicite la condamnation de la prévenue au paiement de la somme de 2 045 000 francs CFA à titre principal, ainsi que 75 millions de francs CFA en réparation des dommages et intérêts.
Dans ses réquisitions, le représentant du parquet a qualifié l’acte de la prévenue de dangereux. Tout en prenant acte des circonstances de la rixe et de l'argument de la légitime défense soulevé par la défense, le procureur a demandé au tribunal de retenir la prévenue dans les liens de la prévention pour les faits de coups et blessures volontaires, tout en invitant les juges à tenir compte de sa situation médicale et de sa grossesse. La fixation de la peine a été laissée à la sage appréciation du tribunal.
À l'issue des débats, le dossier a été mis en délibéré pour une décision ultérieure. Dans l'attente du prononcé du jugement, un mandat de dépôt a été confirmé, et la prévenue a été reconduite à la maison d'arrêt sous le régime de la détention préventive.