Recrudescence de disparitions et meurtres : « C'est du terrorisme » selon le colonel Michaël Randrianirina

La réponse du président de la Refondation face à la vague de disparitions prend un tournant inédit. Au lendemain de l'intervention du Premier ministre sur la dégradation du climat sécuritaire, le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar (PRRM), a franchi un nouveau cap mercredi en qualifiant publiquement les crimes qui secouent le pays d'« actes de terrorisme ». Il estime que les auteurs de ces enlèvements et violences cherchent à semer la (…) - Société

Recrudescence de disparitions et meurtres : « C'est du terrorisme » selon le colonel Michaël Randrianirina

La réponse du président de la Refondation face à la vague de disparitions prend un tournant inédit. Au lendemain de l'intervention du Premier ministre sur la dégradation du climat sécuritaire, le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar (PRRM), a franchi un nouveau cap mercredi en qualifiant publiquement les crimes qui secouent le pays d'« actes de terrorisme ». Il estime que les auteurs de ces enlèvements et violences cherchent à semer la peur au sein de la population et qu'ils doivent désormais être considérés comme une menace contre la nation.

Les chiffres communiqués par la Direction générale de la Police nationale traduisent l'ampleur du phénomène. Depuis le mois de janvier 2026, 172 plaintes ont été enregistrées à travers le pays, dont 164 concernent des disparitions de personnes. Huit victimes ont été retrouvées mortes, parmi lesquelles trois corps découverts depuis le début de cette semaine à Antananarivo, tandis que 81 personnes ont été retrouvées saines et sauves. La capitale concentre à elle seule 119 dossiers, et 83 personnes restent encore introuvables, certaines familles n'ayant plus donné de nouvelles aux enquêteurs après leur signalement. À ces données officielles viennent s'ajouter les nombreux cas de disparition relayés ces derniers jours sur les réseaux sociaux, accentuant davantage l'inquiétude de la population.

Pour le chef de l'État, cette situation exige une réaction collective. Il a invité les Malgaches à resserrer les rangs et à renforcer leur coopération avec les forces de défense et de sécurité afin de permettre l'identification et l'arrestation rapide des responsables. Les policiers, gendarmes et militaires sont déjà mobilisés sur le terrain. Des centres opérationnels vont être créés et les patrouilles dans plusieurs secteurs sensibles vont être renforcés. Cette mobilisation doit être amplifiée jusqu'au démantèlement complet des groupes criminels, selon le chef de l'État.

Le président de la Refondation a également dévoilé plusieurs pistes destinées à accélérer les interventions en cas de disparition. Il propose notamment la mise en place d'un système d'alerte inspiré du dispositif français « Alerte Enlèvement », mais adapté aux réalités malgaches. Dans son schéma, la disparition d'un enfant entraînerait immédiatement la sonnerie des cloches des églises, tandis que les présidents de fokontany utiliseraient des sifflets pour prévenir les habitants et déclencher une mobilisation rapide des quartiers.

Dans la même logique, le colonel Michaël Randrianirina souhaite instaurer des andrimasom-pokonolona, des comités de vigilance chargés d'assurer une surveillance de proximité. Il affirme que la Présidence de la Refondation est prête à financer leur mise en place afin de renforcer la participation citoyenne à la lutte contre l'insécurité. À ses yeux, la protection des populations ne peut reposer uniquement sur les forces de l'ordre mais nécessite aussi l'implication directe des communautés locales.

Ainsi, les autorités durcissent le ton des discours officiels. Après les références à un « climat de psychose » avancées ces derniers jours, l'utilisation du terme « terrorisme » traduit une volonté d'élever le niveau de gravité attribué aux faits. Cependant, au-delà de cette évolution sémantique, les attentes demeurent fortes. Une partie de l'opinion estime que la priorité reste l'arrestation des commanditaires, le démantèlement des réseaux criminels et la réduction rapide des disparitions.

Le Syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs enseignants (Seces) d'Antananarivo a d'ailleurs rappelé, dans une déclaration publiée mercredi, que la population attend avant tout des résultats concrets. L'organisation appelle les autorités à s'attaquer aux causes profondes de cette insécurité et à éviter de se limiter à des déclarations ou à la seule interpellation d'exécutants.

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