Jirama : 64 000 tonnes de gasoil nigérian attendues à Toamasina

Une cargaison de 64 000 tonnes métriques de gasoil en provenance du Nigeria est attendue ce jour au port de Toamasina. Destiné aux centrales de la Jirama, ce carburant marque l'entrée effective de la State Procurement of Madagascar (SPM) dans l'approvisionnement pétrolier et concrétise la nouvelle coopération énergétique entre Madagascar et le Nigeria. Le Sunda One apporte avec lui une nouvelle configuration dans l'approvisionnement énergétique de Madagascar. Le tanker doit accoster à (…) - Energie

Jirama : 64 000 tonnes de gasoil nigérian attendues à Toamasina

Une cargaison de 64 000 tonnes métriques de gasoil en provenance du Nigeria est attendue ce jour au port de Toamasina. Destiné aux centrales de la Jirama, ce carburant marque l'entrée effective de la State Procurement of Madagascar (SPM) dans l'approvisionnement pétrolier et concrétise la nouvelle coopération énergétique entre Madagascar et le Nigeria.

Le Sunda One apporte avec lui une nouvelle configuration dans l'approvisionnement énergétique de Madagascar. Le tanker doit accoster à Toamasina avec 64 000 tonnes métriques de gasoil, une cargaison réservée aux besoins de production électrique de la Jirama. Le volume devrait permettre à la compagnie nationale de disposer de carburant pendant plusieurs mois.

L'opération est conduite par la SPM dans le cadre d'un accord conclu directement entre les gouvernements malgache et nigérian. Elle fait suite aux échanges entre le chef de l'État malgache, le colonel Michaël Randrianirina, et le président nigérian Bola Ahmed Tinubu lors de la visite officielle à Abuja au début du mois de juin.

Cette coopération vise notamment à renforcer la sécurité de l'approvisionnement de Madagascar alors que le marché international des hydrocarbures reste exposé aux fluctuations des cours et aux perturbations logistiques.

Réduire la facture de la Jirama Pour la Jirama, l'enjeu est double : disposer régulièrement de gasoil et tenter d'en réduire le coût. La production thermique représente un poste important pour la compagnie, particulièrement pendant l'étiage, lorsque la contribution des centrales hydroélectriques diminue. Les installations thermiques doivent alors prendre davantage le relais.

Une différence de quelques centaines d'ariary sur chaque litre peut ainsi produire des économies significatives compte tenu des quantités consommées. La SPM mise sur les négociations directes avec les fournisseurs internationaux pour obtenir des conditions tarifaires plus avantageuses.

Un décret pris en Conseil des ministres encadre désormais l'approvisionnement de la Jirama auprès de la société publique. Le dispositif intervient également dans le contexte de l'état d'urgence énergétique, qui permet aux autorités d'adopter des mesures exceptionnelles pour sécuriser le fonctionnement des centrales.

Pour la SPM, cette première opération pétrolière représente un élargissement majeur de ses activités. Créée en 2019 pour intervenir sur les produits stratégiques et de première nécessité, elle s'était surtout illustrée jusqu'ici dans le secteur du riz. Son directeur général, Guilot Ramilison, entend désormais étendre ce rôle de stabilisation aux hydrocarbures.

La réception des 64 000 tonnes nécessite toutefois le recours aux infrastructures pétrolières existantes. La SPM s'appuie sur Galana Raffinerie Terminal pour la réception, le stockage et les opérations de contrôle du produit. Elle doit acquitter les frais correspondants comme les autres importateurs.

L'arrivée du Sunda One intervient alors qu'un autre tanker, le Tormeva, doit également acheminer à Toamasina des produits pétroliers importés selon le circuit traditionnel.

Cette coexistence illustre l'évolution en cours : Madagascar ne renonce pas au système classique d'importation, mais ouvre une voie parallèle pour ses besoins stratégiques. Le premier véritable indicateur de réussite sera désormais le coût final du gasoil livré à la Jirama et son effet sur les dépenses de production d'électricité.

-----