N'Djamena : manucure et pédicure, un métier qui nourrit son homme
Face à la rareté des emplois classiques, Mbaye Hornomme Roboame, étudiant à N'Djamena, crée une entreprise d'esthétique. Il emploie et forme des jeunes, malgré des défis logistiques.

Par Temandang Gontran
Face à la rareté des opportunités d'emploi classiques, de nombreux jeunes Tchadiens choisissent de créer leur propre activité. C'est le cas de Mbaye Hornomme Roboame, étudiant en Histoire à l'université de Toukra, qui a lancé sa propre petite entreprise spécialisée dans l'esthétique et les soins du visage au marché Taradona dans le 7e arrondissement de N'Djamena.
Un besoin transformé en opportunité
Tout commence par une nécessité. Souhaitant subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, Monsieur Mbaye Hornomme s'est tourné vers l'entrepreneuriat. Après des recherches personnelles, il a suivi une formation dans le domaine de l'esthétique — manucure, pédicure, soins du visage et tatouage — afin d'acquérir les compétences nécessaires.
« Je ne peux pas attendre la main de quelqu'un », confie-t-il, soulignant la difficulté de trouver un emploi traditionnel. Sa démarche repose sur la conviction que le travail, lorsqu'il est entrepris avec rigueur, permet de gagner en autonomie.
Le projet du jeune étudiant dépasse son propre intérêt. Aujourd'hui, il emploie une dizaine de jeunes qui, comme lui, cherchaient une voie pour s'insérer professionnellement. Il les forme et leur transmet son savoir-faire. Ce modèle témoigne que l'initiative privée peut agir comme un levier social efficace dans la communauté.
Entre succès et défis logistiques
Malgré la réussite de son activité, le jeune homme fait face à des obstacles quotidiens. L'approvisionnement régulier en outils de travail reste une difficulté majeure.
Absence d'accessoires spécialisés : Il manque d'accessoires essentiels pour diversifier et améliorer ses services.
Son espace de travail actuel, bien que fonctionnel, limite sa capacité à accueillir confortablement ses nombreux clients.
Pour pallier ces manques, il lance un appel à ceux qui souhaiteraient soutenir le développement de son entreprise. Il rêve d'un espace plus vaste pour offrir une meilleure expérience à ses clients et continuer à former d'autres jeunes.
Il transmet un message d'espoir et de persévérance. Pour lui, il ne faut pas se limiter à attendre un emploi de bureau. « Le travail se passe par les relations, et il faut chercher à se nourrir, pas à attendre quelqu'un », martèle-t-il. Il encourage les jeunes à se lancer et à se former pour construire leur propre avenir.