Retour des délestages à Tana : la Jirama et les autorités dans le déni

Les coupures d'électricité sont de retour. Qu'elles soient qualifiées de « délestages », de « coupures techniques » ou de tout autre terme choisi par les dirigeants de la Jirama et les proches du pouvoir de transition, la réalité est la même pour les abonnés : le courant disparaît de plus en plus fréquemment et pour des durées de plus en plus longues. Mardi, les habitants du centre-ville d'Antananarivo en ont fait l'amère expérience. Plus de cinq heures sans électricité en plein cœur de la (…) - Société

Retour des délestages à Tana : la Jirama et les autorités dans le déni

Les coupures d'électricité sont de retour. Qu'elles soient qualifiées de « délestages », de « coupures techniques » ou de tout autre terme choisi par les dirigeants de la Jirama et les proches du pouvoir de transition, la réalité est la même pour les abonnés : le courant disparaît de plus en plus fréquemment et pour des durées de plus en plus longues.

Mardi, les habitants du centre-ville d'Antananarivo en ont fait l'amère expérience. Plus de cinq heures sans électricité en plein cœur de la capitale, sans la moindre explication officielle de la part des autorités ou des responsables de la compagnie nationale.

Pourtant, dans une déclaration relayée par une radio privée, le directeur général de la Jirama, le Général Hajatiana Rasolomanana, a affirmé qu'« il n'y a pas encore de délestages », malgré l'entrée dans la période d'étiage. Selon lui, les coupures observées seraient simplement dues à des « problèmes d'ordre technique ».

Une déclaration plus surprenante puisque quelques heures auparavant, la Jirama avait publié un communiqué annonçant la mise en œuvre de délestages tournants dans plusieurs quartiers de la capitale. Ce qui laisse perplexes de nombreux usagers. Comment parler de simples incidents techniques lorsque la société elle-même annonce des délestages programmés ? Comment expliquer que des quartiers entiers soient privés d'électricité pendant plusieurs heures sans communication transparente ? Cette contradiction alimente surtout le sentiment que les autorités cherchent davantage à contrôler le discours qu'à résoudre le problème.

Et ce que vivent les habitants du centre-ville n'est rien comparé au quotidien des communes périphériques. À Talatamaty, Ambohidratrimo et dans plusieurs localités voisines de la Commune urbaine d'Antananarivo, les témoignages d'abonnés font état de coupures qui peuvent durer toute la journée, voire davantage. Depuis plusieurs semaines déjà, les interruptions se multiplient, rappelant aux Malgaches les heures les plus sombres de la crise énergétique.

Le retour progressif des délestages ne date donc pas d'hier. Il s'installe insidieusement depuis plusieurs mois. La veille même des examens du CEPE, de nombreux parents avaient dénoncé des coupures ayant empêché leurs enfants de réaliser leurs dernières révisions dans des conditions acceptables. Un épisode parmi tant d'autres qui illustre les conséquences concrètes de la dégradation du service public.

Cette situation est d'autant plus préoccupante que les pénuries d'eau et d'électricité avaient constitué l'un des principaux moteurs de la contestation populaire de septembre 2025, laquelle avait entraîné la chute du régime d'Andry Rajoelina. À l'époque déjà, la Jirama symbolisait l'incapacité des dirigeants à répondre aux besoins essentiels de la population.

Quelques mois après l'arrivée du pouvoir de transition, force est de constater que les mêmes problèmes persistent. Les promesses de redressement de la Jirama continuent de s'accumuler tandis que les coupures reviennent. Hier encore, le directeur général de la compagnie a reconnu que le redressement de l'entreprise dépendrait encore de la coopération avec des partenaires extérieurs.

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