PLFR 2026 : plusieurs amendements apportés
Le ministre de l'Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a présenté hier à l'Assemblée Nationale à Tsimbazaza les amendements du Projet de loi de finances Rectificative (PLFR) 2026. Parmi les mesures les plus remarquées figure la suspension de la Taxe sur les véhicules motorisés (TVM). Face à la polémique suscitée par cette disposition, le gouvernement a décidé de mettre son application en attente. Le texte amendé prévoit également un allègement de la fiscalité appliquée (…) - Economie
Le ministre de l'Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a présenté hier à l'Assemblée Nationale à Tsimbazaza les amendements du Projet de loi de finances Rectificative (PLFR) 2026.
Parmi les mesures les plus remarquées figure la suspension de la Taxe sur les véhicules motorisés (TVM). Face à la polémique suscitée par cette disposition, le gouvernement a décidé de mettre son application en attente.
Le texte amendé prévoit également un allègement de la fiscalité appliquée au financement bancaire. La suppression de la TVA sur les intérêts des crédits devrait permettre de réduire les charges supportées par les entreprises et d'améliorer leurs conditions d'accès au financement. Cette orientation vise notamment à soutenir les investissements dans un contexte économique marqué par des coûts de crédit élevés.
Dans le même temps, les droits d'accises appliqués à la filière orge seront revus à la baisse. Cette mesure s'inscrit dans une série d'ajustements fiscaux destinés à accompagner certaines activités économiques tout en préservant la compétitivité des opérateurs.
Si le gouvernement opte pour des allègements ciblés, il maintient parallèlement son objectif de renforcer les recettes publiques. L'amélioration du recouvrement fiscal et douanier, la récupération des créances détenues par certaines entreprises publiques ainsi que l'intensification de la lutte contre la fraude figurent parmi les leviers retenus pour consolider les finances de l'État.
L'un des principaux efforts budgétaires annoncés concerne les carburants. Dans le cadre du PLFR 2026, une enveloppe de 419 milliards d'ariary est prévue pour contenir les effets de la hausse des cours internationaux du pétrole. À travers cette subvention, le gouvernement cherche à limiter les répercussions de la volatilité des marchés énergétiques sur les prix à la pompe, le transport des marchandises et le coût de la vie des ménages. Cette mesure intervient dans un contexte où les tensions internationales continuent d'exercer une pression sur les marchés pétroliers mondiaux.
Soutien à la production agricole
Le secteur agricole occupe également une place importante dans les nouvelles orientations budgétaires. Afin de protéger davantage la production nationale, le gouvernement envisage l'instauration d'une taxation de 20 % sur les importations de riz. L'objectif est de renforcer la compétitivité des producteurs locaux face à la concurrence extérieure.
Parallèlement, une réduction de certaines taxes appliquées aux herbicides est envisagée afin d'alléger les coûts de production des exploitants agricoles et de soutenir l'amélioration des rendements.
Au-delà des mesures économiques, le budget rectificatif prévoit des financements supplémentaires pour plusieurs chantiers prioritaires. La préparation des prochaines échéances électorales et l'organisation de la concertation nationale figurent parmi les principaux axes retenus par le gouvernement.
Des ressources additionnelles seront également mobilisées pour les programmes de reconstruction après les catastrophes naturelles, le développement du secteur énergétique ainsi que le renforcement de la décentralisation et de la déconcentration budgétaire.
Lors de sa présentation devant les députés, le ministre de l'Économie et des Finances a rappelé que l'économie informelle demeure un défi majeur pour Madagascar. Une grande partie des travailleurs exerce encore en dehors des circuits formels, limitant ainsi les capacités de mobilisation des ressources fiscales.
Pour les autorités, l'élargissement de l'assiette fiscale et l'amélioration du civisme fiscal constituent des conditions essentielles pour financer durablement les investissements publics et accélérer le développement économique du pays.
-----